samedi 21 juin 2008
la clairière au bout du sentier...
je suis en train de lire un livre.
pas n'importe quel livre.
un livre que j'ai attendu, espéré, invoqué.
depuis des années. près de 30 ans d'attente.
il est sorti en 2005. j'aurais pu l'acheter tout de suite mais non. brutalement je n'étais plus si pressée de le voir entre mes mains, sous mes yeux.
pourquoi ?
parce qu'il est le point final d'une histoire en sept volumes dont l'écriture est répartie sur trente-trois ans.
après tout ce temps, et tant de plaisir de lecture, je n'ai pas envie de quitter les personnages qui ont accompagné ma vie (ou bien est-ce l'inverse... je ne sais plus) durant tout ce temps.
bien sûr j'ai hâte de savoir comment tout ça va bien pouvoir finir ! ça fait tellement longtemps que je rêve de cet instant ! et en même temps je suis triste. parce que là, je sais que, une fois lu le mot FIN... ce sera une vraie fin.
et connaissant l'auteur, ça va pas finir si bien que ça, ses livres ne finissent jamais complètement bien. comme dans la vie, le gris domine le blanc ou le noir...
ce livre, c'est le dernier opus d'une longue épopée. 7 livres au total. qui racontent l'histoire d'une quête. il y a d'autres mondes...
tout a commencé dans un désert. deux hommes, l'un pourchassant l'autre. éternelle lutte entre le bien et le mal. quelques personnages secondaires croisent leur route, avec plus ou moins de bonheur.
et puis, au bout du sentier... une longue palabre entre les deux vieux ennemis.
ça devait s'arrêter là.
Stephen King n'avait pas franchement prévu de lui donner une suite, à ce texte repêché au fond d'un vieux carton, comme il dit...
pourtant il va l'écrire, pressé de le faire par des milliers de lecteurs en manque. ils refusent tout net de laisser Roland, le héros, seul sur une drôle de plage... est-ce que cheque, ice-que chique...
il mettra le temps, mais viendront quasi coup sur coup deux opus.
ils viendront enfoncer le clou, attacher de façon viscérale le lecteur au destin de ce Ka-Tet, de ce groupe de personnages, qui se forme peu à peu sous nos yeux, qui se heurte et se lie, qui se hait et qui s'aime, enfin. Roland et sa Tour sombre, son Graal... on ne souhaite qu'une chose, l'accompagner jusqu'au bout de sa quête, et grimper avec lui au sommet de sa tour, afin de sauver tous les mondes, car la Tour est le support de tous les "où", de tous les "quand" et menace de s'écrouler.
sauf que l'auteur nous plante à nouveau là.
et pour plusieurs années.
pire ! il écrit d'autres livres (grand bien lui fasse, me direz-vous, mais non!) et nous, lecteurs incrédules, nous rendons compte que presque tous sont en fin de compte liés à La Tour Sombre!!
soit il nous raconte comment un vieillard insomniaque doit sauver un enfant (Insomnie), pour que celui-ci puisse, dans une autre dimension et dans un autre livre, sauver deux personnes dont un enfant, car si l'enfant meurt, la Tour des Existences s'écroulera, et les conséquences d'un tel effondrement sont au-delà de votre compréhension.
soit il nous conte l'histoire d'un homme étrange, qui se lie d'amitié pour un jeune garçon (Cœurs perdus en Atlantide), homme que l'on retrouvera à la fin de la quête de Roland, dans ce livre que je suis en train de lire...
ou alors, on reconnaitra son héros du mal, dont les initiales de ses nombreux patronymes sont toujours R.F... parce que Stephen King aime lier ses romans les uns aux autres, mais jamais avec autant de fièvre que quand il les lie à son fil rouge, à La Tour Sombre.
des années d'attente et enfin, à force de courrier de lecteurs impatients et affamés, la suite. on découvre alors l'enfance de ce héros pas comme les autres, le dernier pistolero, et comment le destin s'est lié à ses bottes, inexorablement.
ici, l'auteur semble enfin avoir l'envie (le souffle ?) de nous emmener au bout de la route. il écrit les opus 5, 6 et enfin le 7èm et dernier tome presque sans interruption.
je ne dévoilerai pas les surprises, les tours de force qu'il va utiliser.
juste, cet homme m'a embarquée durant 20 ans à la suite de ses personnages, m'a emmenée dans d'autres mondes, j'ai pleuré avec eux, j'ai aimé, haï, espéré, douté avec eux, ils font comme qui dirait partie de mes murs... et je suis en train de leur dire adieu.
j'aimerais bien, un jour, avoir ce talent...
faire pleurer doucement le lecteur parce que son livre est fini...
Roland de Gilead, la Tour, la Rose.
Stephen King, La Tour sombre.
vendredi 6 juin 2008
au revoir, PP...
Paroles Plurielles a fermé ses portes mercredi dernier. fin d'une belle aventure d'écriture. trois ans de vie et de récits variés, c'est une réussite, c'est une évidence. merci à son animatrice, Coumarine.
Pivoine a posé un des textes qu'elle avait écrit pour PP, en hommage. je vais faire de même, car je trouve que c'est une jolie façon de dire au revoir à cet atelier qui nous a apporté beaucoup, à nous, écrivants participants. j'ai choisi la même consigne que Pivoine, voici donc un texte écrit le 24 mars 2006.
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Une belle journée.
Ils sont entrés, se sont assis bruyamment autour de la table massive, comme des conquérants de l'ère moderne...
Le car était arrivé la veille au soir, chargé de sa cargaison de touristes allemands. Des jeunes, beaucoup, et quelques vieux comme elle. Ils avaient pris, depuis, possession des lieux, s'invectivant dans les couloirs... Le silence de la nuit avait régulièrement volé en éclats de rire, plus ou moins étouffés...
Et là, à l'heure matinale du petit déjeuner, ils prenaient possession de la table d'hôtes, faisant glisser les bols d'argile pastels sur la surface patinée par les ans, et se jetaient sur le pain frais et les confitures maison.
La vieille, assise près de l'âtre immense de la cheminée ronflante, les observe du coin de l'oeil. Elle n'est qu'un mur de réprobation silencieuse. Regarde-moi ces gens, ils sont déjà chez eux, pense-t-elle en sirotant son café noir. Elle n'aime pas les touristes, en règle générale ; eux, en particulier. Ce n'est pas la première fois que sa fille réserve maison d'hôtes, pour ces gens-là, mais rien à faire, elle ne s'y fait pas.
Pauvre de moi, qui suis obligée de vous supporter.. ah si seulement elle avait pu engranger un peu plus d'économies, elle ne serait pas obligée d'ouvrir sa maison à tous ces étrangers... Et cette obligation la rend plus amère encore. Enfin... ils seront partis demain, va! tu ne vas pas tourner vinaigre pour eux, allons! ignore-les, c'est tout.
Elle se lève lourdement, son bol vide à la main. Elle est tellement courbée sur sa canne, qu'on la dirait sculptée par le souffle des ans...
Un couple la regarde, sourit gentiment sur son passage, et lui dit quelque chose qu'elle ne comprend pas, mais qui semble être un bonjour compatissant.... Elle a la pitié en horreur, surtout venant d'eux, ces étrangers qui avaient tenté déjà, de lui voler sa terre... Elle relève difficilement la tête, voulant les clouer sur place de son regard glacé, dont elle a le secret... mais là, soudain, c'est elle qui est clouée au sol!
Non, c'est pas possible!
Elle reste là, statufiée. Ses pieds refusent de bouger davantage, la condamnant à faire face à ce visage sorti de son passé... Il est juste derrière ce maudit couple, il grignote une large tartine, à petits coups de dents méticuleux... Elle doute encore. Ça fait si longtemps, elle doit se tromper, il est sûrement mort, depuis... Pourtant, ce profil taillé au couteau... ces yeux de fouine, ce regard... Elle sent presque le cigare qui ne quittait jamais ses lèvres! Elle n'a pas oublié, c'est son passé qui la gifle à toute volée.
Voilà qu'il la regarde, maintenant! Evidemment, plantée là comme une andouille sur son clou, elle attise la curiosité du groupe, qui, petit à petit, a fait silence... Le couple aussi s'est tu, impressionné par l'attitude figée de la vieille, et par ce grain de folie pure, au fond de ses yeux. Ou est-ce... de la peur ?
Personne ne comprendra pourquoi cette vieille femme s'est brutalement ruée sur un touriste, en hurlant des paroles incompréhensibles, toute à sa rage de l'atteindre, ses vieilles mains tendues vers lui... Le temps de réagir, et de se lever pour la ceinturer, elle est tombée inanimée, sur les vieilles tommettes rouges... Sa tête a violemment frappé le sol dur et froid ; elle ne bouge plus, pauvre chose recroquevillée à leurs pieds...
L'homme s'est levé lui aussi, interpellé par ce qu'il a pu lire, dans les yeux de la vieille... pas de la peur, non, sûrement pas. Mais de la haine, pur bloc de haine compacté dans un regard.
Il s'approche d'elle, se penche. Les autres ne voient pas les chiffres tatoués, qu'il regarde sur la vieille. L'homme se relève sans un mot, et s'éloigne lentement vers la porte. Dehors, il allume un des cigares qu'il affectionne depuis toujours... Un sourire narquois naît sur ses lèvres...
Finalement, ce sera une belle journée
samedi 24 mai 2008
un pas après l'autre...
Je suis très contente parce que depuis hier matin, mon projet de roman a enfin son décor ! J'ai beaucoup cherché avant d'enfin trouver la perle rare ! J'avais une idée tellement précise de ce que je voulais que ça n'a pas été simple de trouver une maison qui ressemble à mes souhaits, du moins en partie, aussi, j'ai sauté de joie quand je l'ai vue.
Pourquoi je la cherchais, me diras-tu, puisque je l'avais si bien en tête.... eh bien pasque j'me connais, lecteur ! Je suis du genre distrait, tu vois... Je me lance dans l'écriture, je m'emballe, je m'emballe et pof, je me vautre en modifiant la maison d'un chapitre à l'autre !
Oh si ! J'en suis capable, crois-moi! !
Alors pour éviter ça (non, pas "Plaquette Vapona" m'enfin !! suis un peu, quoi...) je me suis dit que le mieux serait de l'avoir sous les yeux pendant la rédaction de mon chef d'œuvre :))
D'où une recherche effrénée sur le Net, d'une maison qui puisse coller à mon imaginaire.
Rha si tu la voyais, lecteur ! Elle est sublime ! Grande, et pleine de caractère, pleine de charme et de vécu, une maison comme j'aime... Je sens que mes personnages vont être bien, dedans.
J'ai placardé plein de photos d'elle partout autour de mon pc, pour l'avoir sous les yeux à chaque instant.
Et puis j'ai avancé un peu sur le choix des prénoms. C'est important. Ils doivent coller aux personnages, et en même temps ils doivent suffisamment me plaire pour que je me sente à l'aise pour écrire sur eux. Pas simple...
Je tenais aussi à te remercier, lecteur, pour tes nombreux mails, et idées diverses que tu as soumis à mes yeux étonnés par tant d'imagination ;))
J'ai repéré dans le lot quelques très bonnes idées... alors p'tet bien que... mais chut... :)
mercredi 21 mai 2008
aquarelle, suite...
un nouvel essai, plus... libre dans le trait. pas de modèle pour celui-là. j'ai griffonné vite fait deux trois brins de graminées, histoire d'avoir un motif
parce que ce qui m'intéressait ici, c'était le travail du fond.
et même s'il est pas exactement comme je le voulais ben...
j'l'aime bien, le fond :)))
mardi 20 mai 2008
La gigue de la vie
Ce matin, pour la première fois depuis longtemps, je suis sereine. Finis, les cauchemars et les sueurs nocturnes ! Dieu que ça fait du bien de ne plus se poser les mêmes questions, tout le temps... quel repos d'un coup ! Pour la première fois depuis longtemps, je me sens bien, incroyablement bien. En paix. Je dirais même joyeuse ! C'est vrai après tout, je peux bien m'octroyer ce droit. Je l'ai amplement mérité.
J'ai la sensation d'avoir erré une éternité. D'avoir perdu ma route, égaré mon but.
J'ai gaspillé une vie à des riens sans intérêt, pour oublier le primordial : vivre. Je me suis engueulée avec ceux que j'aime, et pour quoi ? Des broutilles, des conneries, voilà tout ! Quel gâchis... Il faut donc en arriver à ce point pour se rendre compte de la seule chose importante ?
Il faut croire...
Et puis il m'a fallu admettre mes errements, or ça... si encore j'étais pas bouffie d'orgueil...
Allons, c'est terminé, tout ça est dorénavant derrière moi, et c'est tant mieux ! Je me sens légère, mutine, comme ces ombres sur le mur d'en face qui dansent la gigue de la vie, en une farandole éternelle et facétieuse. Insouciantes et folâtres, elles chahutent ma raison, me poussent aux pires folies, aux plus douces aussi.
J'aime ! Je vis, je suis en vie !
Peu importe le temps qu'il me reste, peu importe ce crabe qui me ronge de l'intérieur, je m'en fous, je vis ! Plus fort que tout, la vie m'a pris dans sa ronde, elle m'entraîne sur l'ultime sentier, mes derniers pas de danse...
Je veux vivre ce qui me reste dans la plus grande intensité, dans la plus forte des volontés : la mienne.
Je veux t'aimer, toi qui accompagne mes pas, jusqu'à mon dernier souffle. Je veux jouer, partager avec mes enfants, pour qu'ils emportent ma joie dans leur âme, pour toute leur vie. Je veux rire avec mes amis, leur donner autant qu'ils m'ont apporté.
Je veux vivre en conscience chaque seconde, pour ne rien regretter.
Maintenant que je sais pouvoir choisir mon dernier moment, je vais pouvoir vivre pleinement le temps qui me reste. Sans craintes. Avec l'envie de vivre comme dernière compagne... Tu vois, j'ai beau chercher, je vois pas mieux que ça ! Je partirai heureuse d'avoir mené ma vie à son terme, certaine d'avoir atteint le bout du chemin. Il aura été beau puisque foulé avec toi à mes côtés. Et puis je me blottirai dans tes bras, pour m'enfoncer dans mon dernier sommeil. Sans regrets, en dignité, le coeur gonflé de ton amour et de ma sérénité.
Pour Paroles Plurielles
vendredi 16 mai 2008
Les neuf vies du chat... portrait
Il parait que le chat a neuf vies. Qu'il les
consomme l'une après l'autre, au fil de ses besoins. Alors j'ai dû être
chat, ou l'être encore.
Aujourd'hui, je suis plus vieille que ma mère ne le sera jamais et cela perturbe le regard que je porte sur ma vie.
J'ai
48 ans, le cheveu plus trop noir, le teint plus trop frais, la démarche
plus trop assurée. Mon corps crie souvent grâce, m'implore un repos
bien mérité à coup d'arthrose et autres jérémiades et pharmacopées...
je l'écoute rarement, j'avoue. Mais il sait se faire entendre, le
bougre.
Il vient récemment de me rappeler très clairement que
c'est lui qui décide de mon devenir, et tant pis si je ne suis pas
d'accord. La force de sa volonté m'a littéralement... coupé le souffle.
J'ai
eu la chance de naître dans une famille aimante et chaleureuse. J'ai
été choyée, chouchoutée, dorlotée... donc j'ai fait les pires bêtises.
Et
comme je suis un détonant mélange de sang basque et béarnais, j'ai su
aller au bout des choses et au fond du gouffre. Jeune, j'ai frôlé la
mort et entamé une autre vie, loin des sensations à la façon montagnes
russes. J'ai dû apprendre la valeur de l'attente, du silence, du rien
faire... apprentissage long, lent et difficile.
J'ai passé plus de temps à l'hosto qu'ailleurs, je pourrais en faire un guide :
« Le guide du routard des hôpitaux et cliniques de la région parisienne »,
aux éditions du Survivre, par Pati la couturée... ça le fait, non ? En
même temps, ce fut la plus belle des écoles, celle où j'ai appris mes
plus belles leçons. Les plus dures aussi. De celles qui s'inscrivent au
fer rouge sur la mémoire.
J'ai sur le corps la marque de mes
chagrins, la carte de mes erreurs et de mes apprentissages et j'en suis
fière. Mes cicatrices me définissent autant que mes pensées et les
montrer ne me gène pas.
D'ailleurs, je n'ai jamais cultivé
l'importance du regard de l'autre sur moi, partant du principe avéré
que si je ne plais pas à qui me regarde... eh bien que celui-ci regarde
ailleurs !
On dit que j'ai le don de faire naitre les
confidences. Alors j'ai aussi le don d'écoute. Je n'ai pas de mérite,
l'autre m'intéresse et me fascine. On dit aussi que mon regard sait se
faire perçant, voire clairvoyant. Il faut dire qu'avoir vécu plusieurs
vies aide à en comprendre une seule...
Je suis fortement
attachée à mes racines. D'où je viens est ma respiration, mon ancre.
Mes aïeux sont ma force et ma définition, ma région est mon sang et mon
refuge. J'ai reçu tant de ma famille que je veux transmettre au maximum
à mes proches ce qu'elle m'a apporté. Les valeurs passent par tout
support de partage, la cuisine en est un bon exemple... d'ailleurs, à
me voir, on sait l'importance de la table, pour moi ! J'ai depuis
longtemps abandonné l'idée d'être mince comme un fil, cette image
serait aux antipodes de ce que je suis.
Et pour finir ce drôle
d'autoportrait, je dirais que si je suis bien un chat, je suis un chat
de gouttière. Une ombre qui file sur les toits de vos vies, sans
s'appesantir, aussi discret qu'un souffle, à la griffe prête à jaillir
pour défendre ce à quoi il tient, Mais aussi à la patte de velours pour
qui le caresse dans le sens du poil ... !
Pour Kaléidoplumes
vendredi 2 mai 2008
un livre à plein de mains ?
bien. j'ai pris ma décision. j'ai opté pour une des deux idées de bouquins que j'avais en tête. Ce sera donc un roman, une fiction totale. évidemment, elle sera alimentée par quelques bases qui viendront de mon réel (faut bien que les fondations soient solides, avant de s'élancer vers les hauteurs...)
j'ai commencé une volée de notes de travail (mon dieu, rien que le mot m'ennuie...), des descriptions notamment, plus quelques idées d'évènements qui pourraient se produire.
mon histoire aura 4 personnages principaux, plus une bonne volée de personnages secondaires (dont certains auront une véritable importance dans le récit). et puis, un cinquième personnage, peut-être le plus important... une maison.
mais, en jetant les bases de cette histoire en devenir, j'ai eu une idée.
après tout, le blog (enfin le mien en tout cas!) est un univers qui importe beaucoup à mes yeux. mes lecteurs aussi, donc.
et je me suis demandée dans quelle mesure ça vous amuserait de participer à mon projet d'écriture :) z'êtes intéressés ? vous voulez en savoir plus ? alors voici une idée des thèmes sur lesquels vous pourriez me filer un bon coup de main !
tout d'abord, mes quatre personnages principaux n'ont pour l'instant pas de noms. j'ai bien quelques idées mais... un peu d'imaginaire étranger me serait bien utile !
de même, je connais leurs traits de caractère principaux, leurs défauts aussi, pour certains. je vois même à peu près ce qu'il va leur arriver (oui, c'est mieux, hein, pour se lancer à raconter leurs vies...). je sais que ce roman sera une tranche de vie. avec ses hauts et ses bas. avec ses joies et ses drames. j'ai autant envie d'écrire dans le burlesque que dans l'intime le plus profond. comme dans la vie, hein...
alors, si je sais dans les grandes lignes ce qui arrivera à mes 4 personnages, vous pourriez par contre avoir envie de leur faire vivre des épisodes que vous aimez retrouver dans ce que vous lisez. ou au contraire, que vous n'avez jamais lu. bref lachez-vous, imaginez le meilleur comme le pire !
envoyez-moi par mail ou en comm' vos idées. j'en retiendrai certaines, pour les inclure dans mon roman, promis !
de mon coté, si j'ai décidé de ne pas dévoiler cette idée de roman (eh oui, elle restera mienne jusqu'au mot fin, si ça vous dérange pas - si ça vous dérange aussi d'ailleurs) par contre, je m'engage à vous tenir informés régulièrement de mes avancées. oui, promis, rho !
et si vous êtes sages, z'aurez p'tet même un ou deux extraits :))
enfin... quand j'en aurai suffisamment écrit pour en sortir un ou deux extraits, forcément ;))
mardi 22 avril 2008
Vers l'inconnu
Est-ce que je vais oser ? Est-ce que je vais être capable de franchir ce cap ?
Écrire. J'aime ça. Je sais faire. J'ai toujours su, je crois bien. C'est devenu au fil du temps un vrai besoin. Mon élan de vie.
J'ai commencé par écrire mon questionnement sur moi. Une analyse par les mots. Couchés sur papier avant la dissection orale.
Et puis j'ai écrit ma saga familiale. Autant pour répondre aux besoins et désidératas de mon fils que pour mener à terme un des souhaits les plus chers de ma mère. Le seul qu'elle ne put achever.
Pour ce faire j'ai utilisé et donc découvert le monde des blogs. et c'est par leur biais que j'ai rencontré des gens.
Ceux que j'ai rencontré ont imprimé un tournant à ma route. Ils l'ont modifiée. Dans la plupart des cas en la rendant plus belle. J'ai par exemple appris que oui, j'étais capable de m'entendre plutôt bien avec des nanas de mon âge (ou presque) et ce fut une drôle de découverte inattendue pour moi, crois-le, lecteur ! J'ai vécu de si belles choses grâce à ces super nanas :)))
Et puis d'autres m'ont offert ce dont je n'osais rêver. Une autre écriture. Partagée. Offerte à la lecture et au commentaire. La fiction. Qu'elle soit auto-biographique ou pas, la fiction a creusé un canyon dans mon paysage de possible. Un monde nouveau et fascinant. J'ai découvert que j'étais capable d'émouvoir aussi en racontant autre chose que ma vie.
Les ateliers d'écriture. En ligne ou dans la magnifique réalité d'un monastère calme et serein. Les consignes. Avec leurs règles strictes.
J'ai appris à canaliser le flot de mes mots. À le travailler un minimum, à l'accepter dans une phase finale relativement satisfaisante pour mon propre regard critique. J'ai appris à faire court. Concis.
J'ai appris l'art de la nouvelle. Plus de mots, on s'aventure à lézarder, à muser au travers de l'imaginaire. On s'étale un peu plus, c'est très plaisant.
Alors vais-je oser nettement plus long ? (vais-je avant tout en être capable ?)
J'ai deux projets.
Non. Deux idées qui pourraient devenir des projets.
Non. Qui pourraient devenir des
livres. Voilà, c'est dit.
Me reste à choisir.
et oser, bien sûr...
samedi 19 avril 2008
L'invitée des parisiens
image d'AlainX
Chaque matin, c'est la même histoire. Je sors
alors que l'aube n'est encore qu'un concept. À l'heure où la nuit n'a
pas encore dit son dernier mot et où le jour dort encore. J'aime
marcher dans cette demi-obscurité. Les autres dorment, s'accrochent à
ces derniers moments de sommeil avant que leur réveil ne leur somme de
se mettre au travail.
À cet instant, le temps est à moi. Il m'appartient.
J'ai
l'impression de grignoter quelques instants à la vie. Vivre. Plus.
Encore plus. Vivre pendant que le monde dort. La nature m'appartient,
j'en suis le maître temporaire.
Aucun intérêt, me direz-vous.
C'est exact. Mais c'est réconfortant, cette idée, non ? Avoir pour
quelques minutes la sensation d'être réellement en vie. En osmose avec
ce qui constitue notre décor quotidien. Se fondre dans le gris, dans ce
clair-obscur qui colore ce moment-là. Un clair-obscur rien qu'à moi. Où
pour une fois, il est normal de n'y voir que du gris.
Dyschromatopsie complète. Une drôle de maladie. Je ne vois pas les couleurs. Jamais. Je ne vois que du gris.
Je
ne saurai jamais ce qu'on ressent, face à un coucher de soleil qui
enflamme le ciel, face à la vue aérienne d'un atoll paradisiaque.
Frustrant. Énervant. C'est pourquoi j'aime ces balades entre chien et
loup. La couleur dort encore à ces heures-là, et j'aime ça.
Pourtant,
depuis quelques jours, quelque chose d'étrange se passe. Ma promenade
est la même, chaque jour. Je prend les mêmes ruelles de ce vieux
village, toujours les mêmes, dans le même ordre. Je passe devant les
mêmes champs, les mêmes maisons. Parfois, une lumière vient trouer
cette lancinante solitude, mais c'est rare. Depuis deux, trois jours,
je m'arrête devant la vieille ferme retapée.
Les murs sont
particulièrement beaux. ils me racontent une histoire. L'histoire de
toute une vie, une histoire de vieilles pierres qui en ont vu, et
entendu... Vers le haut de ce mur, une fenêtre. Une simple fenêtre. Pas
de voilage pour l'habiller. Une fenêtre nue, ouverte sur la vie. Un
pont entre le dedans et le dehors. Avec un vase devant. Et des fleurs
dans le vase. Un bouquet simple. Des fleurs des champs.
Une fenêtre rouge.
C'est ça qui est fou, je vois qu'elle est rouge (enfin, je sais que c'est du rouge parce que j'ai demandé au facteur. "Dites, ils ont pas repeint leurs fenêtres, les parisiens ? Ah voilà, en rouge... je me disais bien....").
Par contre, ce que je ne sais pas c'est pourquoi je la vois, cette
fenêtre rouge. Pourquoi cette île de couleur dans ma mer grisâtre,
cette unique tâche de couleur. Rouge. Comme le sang qui irrigue mon
âme, mon corps, ma vie. Rouge comme la vie.
Pourquoi cette fenêtre-là ?
C'est
pour ça que ce matin, j'attends devant la fenêtre. Une lumière va
forcément s'allumer. Quelqu'un va forcément se réveiller, se lever.
Avec un peu de chance, peut-être même que cette personne pourra me dire
pourquoi je vois ce rouge.
Ils ont reçu de la visite, les parisiens.
C'est depuis, que je vois le rouge. Une femme, il parait. C'est surement pour elle, les fleurs. Et si...
La lumière s'est
allumée. Une chaude lumière. Pas grise, pas froide. Une silhouette. De
longs cheveux. Noirs. Une main blanche, si blanche. Elle ouvre la
fenêtre. Les cheveux encadrent un visage superbe. Une bouche sourit au
jour qui se lève.
Une bouche rouge. Si rouge !
Deux yeux noirs se sont posés sur moi. Me détaillent.
La bouche me sourit. S'ouvre.
"Bonjour, vous."
Je me lève lentement. Je crois que je souris aussi.
Ça va être une belle journée.
Pour Kaléidoplumes
lundi 14 avril 2008
respiration, oui...
La douleur, je connais.
Enfin, d'habitude. Parce que là, j'ai été un poil prise de court.
On se dit qu'on sait résister, qu'on n'est pas douillette, qu'on a l'habitude de la gérer...
Sauf que parfois, ça dérape, ça enfle au point de te submerger, d'ailleurs ça te submerge, ça te noie, ça t'enfouit sous des tonnes de surprise —ah oui, c'est donc possible, tant de douleur d'un coup sans qu'on en meure ? ah ouais quand même....—, ça te coupe le souffle.
Le souffle.
Incroyable comme on fait un nombre important de choses sans même y penser. À l'instinct. Comme respirer par exemple. Ou bailler, éternuer, avoir le hoquet... Incroyable comme tes poumons se gonflent sans que tu le veuilles, sans y songer... et surtout sans le maitriser.
Jusqu'à ce que tu tombes malade. Jusqu'à ce que la moindre respiration soit un coup de poignard d'une violence dont tu n'avais pas la moindre idée. Jusqu'à ce que tu te rendes compte que tu ne peux même pas pleurer, pour soulager ton mal, car pleurer fait mal. Jusqu'à ce que tu te rendes comptes à quel point tu t'appuies sur le souffle pour calmer la douleur qui te secoue en tout sens et que là, c'est justement respirer qui te fait mal.
Alors, tu es totalement démunie face au mal, toutes les armes qui te sont habituelles pour le vaincre deviennent tes ennemies les plus farouches, tu sombres. Et puis tu lâches prise. Tu te sens tellement fatiguée... à quoi bon ? Tu ne manges plus car manger est un effort tel qu'il t'essouffle à la première bouchée. Le moindre geste te coûte tellement que tu les économises au maximum. Tu ne peux plus te coucher pourtant tu rêves de t'allonger et de dormir jusqu'à la fin des temps.
Et puis une nouvelle vague de douleur te sort de cette torpeur insidieuse, tu découvres qu'elle est capable d'aller plus loin encore, et finalement tu découvres que oui, tu sais encore le supporter, même si ça te laisse comme deux ronds de flan, cette aptitude à supporter l'insupportable...
Ce sont les pompiers qui m'ont amenée à la clinique. J'étais incapable de bouger d'un centimètre, je pense que j'en serais morte, de cet effort.
À partir de là, j'ai été prise en charge, ma douleur surtout a été prise en compte. Il aura fallu plus d'une semaine pour poser un diagnostic sûr. J'ai donc eu une pleurésie.
Et une balèze, à en croire les infirmières. Elles ne m'ont pas quittée d'une semelle, les deux premières nuits. Elles avaient peur que je ne passe pas ce cap, elles me l'ont avoué par la suite.
Elles m'ont (gentiment) engueulé parce que je ne les appelais pas, me répétaient que je ne devais pas laisser la douleur s'installer, sans se rendre compte que je n'avais pas le temps d'avoir mal, elles géraient très bien tout ça à ma place. Elles m'ont porté sous la douche, pour laisser le flot d'eau chaude me détendre, m'ont massé les épaules, le front, tenu compagnie lors de mes nuits sans sommeil. Elles ont été adorables.
On m'a ponctionné plus d'un tiers de litre de liquide infectieux (et non, c'est pas agréable, une ponction). J'ai trouvé ça énorme ! Un tiers de litre dans un poumon, woaw... Et puis mon pneumologue me calme d'un coup en me disant que ouais c'est bien, m'enfin il en reste au moins deux fois plus dans le poumon, hein...
Et puis je commence à aller mieux. La ponction même si elle est douloureuse, est tout de même un soulagement inestimable. Petit à petit, je commence à pouvoir coucher mon lit (oui jusque là, je dormais assise, voire un peu penchée en avant) quel luxe !
Je resterai en tout deux semaines à la clinique, avant d'être rassurée sur ce qui m'attend. Finalement j'échappe à une seconde ponction, chirurgicale celle-là, car la kiné respiratoire est efficace, je la rend efficace.
Je suis rentrée chez moi hier midi. Mes hommes, secondés efficacement ( et autoritairement ^^ ) par deux amies chères ont briqué ma maison car je dois fuir poussière et autres particules en suspension dans l'air que je respire. Je vais être légèrement immuno-dépressive pendant quelques semaines, le temps que tout le liquide s'assèche (il me reste deux poches de liquide dans le poumon). Dix jours de repos avant de revoir le pneumologue, et peut-être de pouvoir retourner bosser.
J'ai découvert en rentrant tous les messages que vous m'avez fait parvenir, soit ici, soit par mail, par sms ou par courrier (oui, un champ de coquelicots est arrivé à temps à la clinique :)) )
Je vous remercie du fond du coeur pour tous ces messages d'amitié, ils m'ont insufflé, j'en suis sûre, la force qu'il me fallait pour aller mieux.
Je vais pouvoir reprendre ma plume, être passée si près de la mort (encore...) a dopé l'inspiration, et l'envie de coucher des mots sur du papier. J'ai des projets d'écriture, non je n'en dirai rien encore car c'est un peu flou dans mon esprit, mais bientôt....
Merci, donc, pour votre présence, même virtuelle. Merci pour chaque pensée.
Et puis merci à ma payse et ma Nan', pour m'avoir cocooner, dorlottée pour mon retour.
J'vous aime.
Tous.





























